LIVE-REPORT - Haunting The Castle VI (Anthisnes - BE)
- Axl Meu
- il y a 6 heures
- 3 min de lecture
Pour les amateurs de doom, le Haunting The Castle est un incontournable. Le festival propose, en cette fin février, la crème du genre dans un écrin exceptionnel. Le château du XVIIe siècle de l’Avouerie d’Anthisnes fascine, offrant un véritable plongeon dans le temps.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC (retrouvez toutes nos photos sur nos réseaux sociaux)
VENDREDI 27 FÉVRIER :
La journée du vendredi débute en début de soirée avec les Néerlandais d’Aerturna. D’entrée, le ton est donné : lourd et écrasant. La voix infernale de Matt impressionne par son côté guttural. On apprécie un mélange parfaitement maîtrisé entre lenteur doom, en forme de chape de plomb, et puissance death plus rapide, le tout dans l’esprit d’Asphyx. Entre hargne et férocité, Aerturna livre un concert remarquable, lançant idéalement le festival.
Avec les Français de Lying Figures, l’atmosphère reste ancrée dans un doom teinté de death. L’entame est musclée, le son solide, et l’intensité dégagée impressionne par sa lourdeur vénéneuse. Le timbre caverneux de Frédéric fait mouche. Le groupe parvient également à insuffler des touches mélodiques et quelques passages en voix claire, créant un équilibre convaincant. Une prestation de très belle qualité.
Les Belges de Fading Bliss, plus discrets, sont un vrai plaisir à retrouver. Entre gothique et doom, le groupe replonge l’auditoire dans les années 90, dans la lignée de Paradise Lost ou My Dying Bride. La voix cristalline de Mélanie se marie parfaitement au growl de Dahl, renforçant une atmosphère mélancolique et profonde. Une valeur sûre qui séduit le public. October Rust rend ensuite hommage à Type O Negative. Le vert est de mise, tout comme les bouteilles de vin. « Bloody Kisses » fait son effet. La voix de Tony évoque parfaitement celle de Peter Steele, tandis que l’ensemble restitue avec justesse l’esthétique gothique du groupe. De « Life Is Killing Me » à « Black No.1 », en passant par « Christian Woman », le plaisir est total. Un hommage réussi. Cette première journée constitue une excellente mise en bouche et lance idéalement le festival.

SAMEDI 28 FÉVRIER :
Le samedi débute avec Ascian. L’introduction, calme et proche du post-metal, évolue vers un doom lourd, hypnotique et mélancolique. Le chant hurlé de Sven impressionne, tandis que les passages en voix claire renforcent une atmosphère apocalyptique. Une prestation immersive et marquante. Les Anglais de Gevaudan enchaînent avec un set dense et pénétrant. Les longues plages instrumentales installent un climat pesant, proche du funeral doom, soutenu par une voix claire à fleur de peau. Une performance captivante, empreinte de profondeur. Death Has Spoken frappe fort avec un doom death massif, évoquant les débuts de Paradise Lost. Growl caverneux, rythmiques lourdes et passages mélancoliques composent un ensemble cohérent et immersif. Une belle claque sonore.

Les Allemands de Lone Wanderer plongent encore davantage dans l’obscurité avec un funeral doom écrasant. L’absence totale de lumière renforce une atmosphère menaçante et fascinante. Une prestation intense, sans concession. Old Night, venu de Croatie, propose un doom plus classique, dans l’esprit de Candlemass. Le chant épique et la puissance dégagée créent un contraste efficace avec une mélancolie omniprésente. Un set fort en émotions. Référence du genre, Ennui confirme son statut. Les Géorgiens livrent une performance immersive, mêlant brutalité et tristesse profonde. Le temps semble suspendu, renforcé par le cadre médiéval. Un moment marquant. Les Espagnols de Hellevorn poursuivent dans un registre sombre et intense, entre doom et dark metal. Le mélange de voix gutturale et claire fonctionne parfaitement, donnant naissance à une prestation solide et marquante. Enfin, Mournful Congregation, légende du funeral doom, clôture le festival. Le groupe fascine par sa maîtrise des ambiances et sa capacité à installer une mélancolie glaciale. Chaque titre, long et immersif, agit comme une véritable ode au désespoir. Une performance à la hauteur de sa réputation.

Ce concert vient conclure un week-end remarquable. Entre cadre exceptionnel, programmation irréprochable et organisation solide, le Haunting The Castle confirme son statut de rendez-vous incontournable pour les amateurs de doom.



