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LIVE-REPORT - Hellfest Open Air (16/06/23)

Dernière mise à jour : 19 janv.

Aller au Hellfest relève toujours du périple : une bataille pour avoir le billet, une expédition pour s’y rendre et un casse-tête pour s’y loger. Une fois tous ces obstacles franchis, il faut ensuite survivre aux festivités dont l’amplitude des journées met KO même les sportifs les plus aguerris. Pour notre part, après une nuit de l’angoisse (panne sur l’autoroute, remorquage, taxi pour faire demi-tour, nouvelle voiture et nouveau départ au milieu de la nuit...), nous arrivons enfin à Clisson à 9h. Le festival a déjà débuté la veille, mais nous ne sommes pas les seuls à n’avoir pas pu se libérer totalement des obligations professionnelles.

Par Hyass et Axl Meu / Photos : Moris DC


 

10h30, l’heure des premiers concerts sur la MainStage 2, la Valley et la Temple. Le site se réveille doucement, mais nous apercevons une file d’attente qui s’étoffe rapidement à la droite de la porte-cathédrale qui sert d’illustre entrée. Au bout de cette queue, le nouveau bâtiment du Hellfest : The Sanctuary. Très imposant en taille et tout de noir vêtu, il est surmonté d’un bélier ailé aux yeux incendiaires. Sous le nom, un sous-titre : Hellfest Official Merch. Avec ces dizaines de mètres linéaires, l’endroit affichera complet avec une file interminable pendant toute la durée du festival. S’il est vrai que chacun veut son petit souvenir - et cela est bien compréhensible - l’opération interroge tout de même. Pour commencer, l’édifice lui-même qui est réalisé en matériau façon carton-pâte/déco de parc d’attraction et n’a pas la même aura esthétique que les précédentes réalisations “en dur” du festival... Ensuite, sa taille disproportionnée à côté de la tente réservée au merch des groupes. Situé juste à côté, le lieu est minuscule en comparaison, et est à peine éclairé par quelques halogènes de salon quand le soir tombe... OK, nous sommes au Hellfest, mais nous y sommes pour y voir des groupes de musique, non ? Pour y entendre et soutenir une scène qui peine à être entendue dans l’Hexagone ? Pour y faire des découvertes, et se faire plaisir en achetant en direct les T-Shirts de nos formations préférées ?


Mais revenons à la programmation ! Le marathon débute pour une partie de l’équipe avec Hetroertzen. La Temple se remplit des quelques fans de la formation chilienne (d’origine) et suédoise (son lieu de résidence). Puis, de plus en plus de curieux aux mines matinales s’ajouteront à mesure que le set se déroule. On ne va pas se mentir, la manœuvre n’est pas aisée pour le groupe : il est tôt, il fait clair, et le set ne dure que 30 min. Des conditions difficiles pour “être vraiment dedans” côté spectateurs et montrer l’étendue de son art côté musiciens : Le Black Metal à corpse paint a besoin d’un minimum de mise en abîme, de mise en lumières, et de scénographie nocturne.



Au même moment, My Diligence, formation de Sludge belge, déjà mis en avant par des radios comme Classic 21, se produit sur la nouvelle Valley de l’autre côté du festival, face à la Warzone. Disons-le clairement, le nouvel emplacement en impose moins. La scène est beaucoup plus petite et comme il ne s’agit plus d’une tente, l’espace couvert manque car il était idéal lors des grosses chaleurs ou des fortes pluies. Malgré cela, My Diligence - en tirant quelques extraits de son dernier album, The Matter, Form And Power (2022) - livre une prestation honorable, lourde, collant parfaitement avec l’esthétique de la Valley. Une belle découverte et une confirmation pour d’autres.


On continue et on s’arrête du côté de l’Altar qui a fait appel à Venefixion pour lancer ses hostilités. Venefixion est l’une de ces formations « trve » évoluant dans une sorte de Blackened Thrash / Speed, dont les sonorités et l’attitude peuvent rappeler un certain Hexecutor (d’ailleurs, J. Obscene, le guitariste, évolue dans les mêmes groupes). Disons-le clairement, la programmation de Venefixion est clairement appréciée, car elle prouve que le Hellfest peut encore oser et programmer des groupes issus de la scène underground pure et dure. Quant à nous, nous repartons avec la sensation d’avoir fait une belle découverte et nous nous promettons de jeter une oreille attentive sur le seul et unique album en date, A Sigh from Below (Iron Bonehead Productions, 2021).

Midi passé, et nous allons devant la MainStage 1 écouter The Quireboys, formation que nous avions vue en septembre dernier au Raismes Fest (59). À l’époque, les Britanniques n’avaient pas trouvé grâce auprès des fans : il faut dire que The Quireboys venait de limoger LA voix du groupe, Spike, et avait décidé de continuer à cinq. Aujourd’hui, malgré tout, The Quireboys assure un show bien Rock’n’Roll, qui a eu le mérite de nous mettre en appétit pour le reste de la journée : Skid Row, Def Leppard et Mötley Crüe ne sont plus très loin !


La première baffe de la journée revient aux Français d’ACOD. Les Marseillais déploient une énergie sans failles pour asséner leurs 40 min de Blackened Death sous la Temple. Un set sous forme de carte de visite qui nous laisse un fort goût de “reviens-y” ! C’est soigné, tranché et nous avons le plaisir de constater que le groupe a su transposer sur scène l’aspect plus orchestral du dernier LP en date Fourth Reign Over Opacities And Beyond (Les Acteurs de l’Ombre Productions, 2022). Le public, venu en masse pour se délecter du concert, en ressort conquis et nous voilà requinqués pour la suite !


Un coup d’œil sur le set de Nostromo sous la Altar et nous constatons que les Suisses sont égaux à eux-mêmes et à leur prestation du Liévin Metal Fest (62) de Mars dernier. C’est sans chichis, efficace et plein d'énergie. Affichant bientôt 30 ans d’expérience (en 2026) et malgré une mise en sourdine de quelques années, le groupe reste une valeur sûre de la scène Hardcore. Une scène qui d’ailleurs trouvera sa place sous la Altar au cours des prochains jours, et non pas sur la Warzone. La faute à une sous-représentation de la scène Death dans ce cru Hellfest 2023 ? Nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard.

British Lion est une petite curiosité. Projet annexe de Steve Harris d’Iron Maiden, la formation a surtout attiré les fans de la Vierge de Fer plus que les fans du groupe en question. Tous sont surtout venus écouter le Britannique donner la leçon plutôt que d’écouter les compositions originales de la formation qui, disons-le, ne tiennent pas la comparaison avec le répertoire de Steve Harris. C’est plat et sans réel intérêt.


Nous nous rendons sous la Temple pour y voir la prestation d’Akiavel. Le groupe de Thrash/Death mélo originaire de la région PACA a fait pas mal parler de lui au cours de ces deux dernières années. Il était donc temps pour eux de fouler les planches du Hellfest. Bénéficiant du forfait de Eths, le groupe hérite d’un bel horaire (14h20) et de 40 min de jeu. On sent que la pression pèse sur les épaules de la formation, mais qu’elle a décidé de ne pas se laisser intimider. Le démarrage est accrocheur, le binôme Chris/Auré (respectivement guitariste et chanteuse) donne dans le tout communicatif. L’envie d’en découdre est bien présente, le plaisir réel pour le public et les titres s’enchaînent sans difficultés. Cependant, le set s’épuise un peu en fin de parcours. À noter tout de même la reprise efficace de « Roots Bloody Roots » de Sepultura. Un titre interprété pour l’occasion avec Nils Courbaron et Sylvain Demercastel dans le cadre du soutien à l’ONG Savage Land. Un baptême du feu en demi-teinte donc, mais qui augure d’un bel avenir pour Akiavel.

Der Weg Einer Freiheit est de la partie cette année et nous sommes devant. Après un Finistère (2017) qui avait mis tout le monde d’accord sur les qualités de cette formation Black avant-gardiste allemande, le groupe est revenu avec un album ambitieux en 2021, Noktvrn. Ambitieux parce qu’il donnait à entendre une nouvelle facette plus expérimentale du groupe. Si le concert donné à The Black Lab (Wasquehal, 59), en Septembre dernier, nous avez moins convaincu que celui des Regarde Les Hommes Tomber en ouverture, sous la Temple, à presque 16h il en est autrement. Ça sonne, le groupe est en forme et l’alchimie entre les morceaux fonctionnent sans heurts. Un bon moment.


Skid Row a dernièrement fait fort bonne impression en faisant paraître The Gang’s All Here, le premier sur lequel chante Erik Grönwall, l’ancien de H.E.A.T., mettant alors un terme au questionnement gravitant autour du groupe. Enfin stable, Skid Row peut compter sur un nouveau chanteur charismatique capable de rendre justice aux classiques du groupe (tirés des deux opus, Skid Row et Slave To The Grind). Bref, les hits (« Slave To The Grind », « Big Guns », « 18 And Life », « Livin’ On A Chain Gang », « I Remember You », « Youth Gone Wild ») se sont enchaînés naturellement, nous faisant presque oublier que le groupe a des nouveautés à présenter (seul « The Gang’s All Here » sera interprété). Une bien belle performance.


Une petite pause et nous filons au concert de Def Leppard en MainStage 1. À l’image du concert livré en 2019, cette nouvelle apparition des Britanniques leur permet surtout de revenir sur leurs plus grands succès, souvent tirés d’Hysteria (1987) : « Animal », « Hysteria », « Love Bites », « Rocket », « Pour Some Sugar on Me »… On peut tout de même regretter le manque de dynamisme de l’ensemble et notamment les trois ballades en milieu de set « Two Steps Behind », « Love Bites » et « Bringin’ On The Heartbreak » qui ont clairement cassé le rythme. Def Leppard réussit quand même à nous en mettre plein la vue avec le superbe enchaînement « Rock of Ages » / « Photograph » qui leur permet de rendre hommage à Steve Clark, guitariste historique du groupe.



Au même moment, Belphegor est sous la Altar avec son décorum de bric et de broc digne d’un ossuaire. Il fait encore bien jour (20h25) quand le groupe autrichien démarre les hostilités Blackened Death contre le christianisme, son ennemi de toujours. Il faut dire que la formation remplace les Américains de Suffocation qui ont dû annuler toute leur tournée européenne pour raison de santé. Sans être la prestation du siècle, ni la meilleure de la formation à ce jour, le show est honnête et fidèle à ses habitudes : une prière violente au démon. On regrettera néanmoins une scénographie peu renouvelée depuis quelques années. En bref, rien de bien nouveau sous le soleil de Satan.


La présence de Machine Gun Kelly à l’affiche du Hellfest a de quoi surprendre. Mais en y réfléchissant, pas trop : La MainStage 2 a mis à l’honneur, tout au long de la journée, des formations de Pop Punk, Pop Metal et Metalcore (Vended, Papa Roach, Sum 41). Et puis, Machine Gun Kelly, c’est aussi la formation du chanteur, MGK, qui a interprété le rôle de Tommy Lee dans The Dirt, le biopic sur Mötley Crüe... Nous assistons donc un show à l’américaine, bourré de rebondissements, mêlant à la fois parties Rap et sonorités électroniques voire même Metal (!). Le tout est empreint d’un esprit de rébellion que nous ne retrouvons plus forcément dans les formations Metal actuelles. Et puis, il y a Tommy Lee - sans doute plus intelligent que ses propres fans qui pour certains ont passé leur temps à huer et à siffler le groupe - qui est passé soutenir ses amis en jammant avec eux. Bref, Machine Gun Kelly a déconcerté, mais nous pourrions conclure ce show comme l’avait fait en son temps Chuck Berry après son « Johnny B. Goode » :  Vous n’êtes pas encore prêts, mais vos enfants vont adorer !!


Le seul nom de Mötley Crüe suscite bien des fantasmes et toute une imagerie en lien avec la fameuse Sunset Strip de Los Angeles. Revoir les Américains sur les terres clissonnaises presque 15 ans après leur dernière prestation a de quoi susciter notre intérêt. Néanmoins, nous déchantons rapidement car peu de temps après avoir été booké un peu partout en Europe, le groupe annonce le forfait de Mick Mars, remplacé alors par John 5. Et puis, il y a aussi la voix de Vince Neil qui est loin d’être au rendez-vous... C’est donc avec un peu d’appréhension que nous assistons au show. Appréhension quelque peu confirmée ensuite : le public aide le chanteur à finir ses couplets, les gros classiques comme « Wild Side », « Shout At The Devil », « Home Sweet Home », « Girls, Girls, Girls » sont, certes, reconnaissables mais il manque ce « gros » quelque chose que les deux danseuses sur les écrans géants et John 5 n’arrivent pas à combler. Le malaise continue quand le public accueille sèchement MGK pourtant simplement venu interpréter sa partie de « The Dirt (Est. 1981) »… Bref, nous repartons assez déconcertés face au manque de civisme et de clairvoyance dont ont fait preuve certains festivaliers qui ont acclamé aveuglément leurs idoles et conspuer trop facilement la jeunesse.




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