PRONG
Pourtant régulier et innovant, Prong n'a jamais été réellement reconnu à sa juste valeur. En cette fin d'année, Tommy Victor nous présente son nouvel album, sobrement intitulé Prong, qu'il défendra prochainement en Europe, avec un arrêt attendu à Courtrai, au DVG, le 15 novembre prochain, ainsi qu'en août prochain au Motocultor Festival.
Par Axl Meu.
Après trois ans d'attente, Prong revient avec un nouvel album éponyme. Pourquoi avoir décidé de l'appeler ainsi ?
C'est une décision qui s'est imposée assez naturellement. Après toutes ces années, je n'avais jamais vraiment envisagé de sortir un album simplement intitulé Prong...
Nous venions de terminer une tournée anniversaire consacrée à notre album, Cleansing (1994). En replongeant dans cet album, notamment dans les B-Sides, et les morceaux que je n'avais pas écoutés depuis très longtemps, j'ai réalisé à quel point le nom de Prong avait marqué les esprits. Beaucoup de groupes se sont inspirés de nous et nous avons contribué à ouvrir la voie à d'autres artistes.
Je me suis alors dit que nous pouvions revenir avec notre nom, notre logo et tout ce qui constitue l'identité du groupe. Nous avons finalement décidé de l'appeler Prong. Beaucoup de gens ne savent peut-être pas que le groupe existe toujours. Cet album, c'est donc aussi une manière de nous présenter à nouveau, de rappeler notre son classique et tout ce que nous avons accompli après toutes ces années...
Parlons justement du line-up. Tu restes le principal architecte de Prong, mais Chris Dean (basse) et Tyler Bogliole (batterie) ont désormais pleinement intégré le groupe. Comment s'est faite cette évolution ?
Chris était déjà dans notre entourage depuis un certain temps. Lorsque Jason Christopher n'a plus été en mesure de tourner avec nous, Chris Dean est arrivé. Il avait notamment participé à notre dernier enregistrement live et travaillait également comme technicien guitare pour le groupe.
C'est un peu la même histoire avec Tyler, qui était notre technicien batterie. Ces gars-là gravitaient autour de Prong depuis longtemps sans en être officiellement membres. Aujourd'hui, Tyler joue avec nous depuis quatre ans et Chris nous accompagne depuis environ huit ans, avec quelques périodes d'interruption.
Avant de parler plus en détail de ce nouvel album, j'aimerais revenir sur la tournée anniversaire de Cleansing. Cet album a été particulièrement important dans l'histoire du groupe. J'imagine que cette tournée t'a rappelé beaucoup d'idées !
Absolument ! En jouant ces morceaux et en les chantant à nouveau, j'ai retrouvé des sensations assez similaires à celles que j'avais à l'époque. En écoutant Cleansing, je me suis replongé dans les groupes qui m'inspiraient à l'époque, notamment Black Flag et Killing Joke.
Pour composer un nouvel album, j'avais envie de rester fidèle à cet héritage et à ces influences. Habituellement, lorsque je termine un disque, je passe rapidement à autre chose et j'ai tendance à oublier un peu mes propres compositions. Avec cette tournée, c'est un peu comme si je redécouvrais mon propre répertoire !

""Commonsense Resolution" est un véritable hommage à Killing Joke. Et d'ailleurs, d'une manière ou d'une autre, toutes les chansons de l'album portent un peu l'empreinte de Jaz Coleman. C'est aussi une manière pour moi de rendre hommage à Geordie Walker"
Tu viens de citer Killing Joke, un groupe dont tu es un grand admirateur. En écoutant ce nouvel album, j'ai justement retrouvé cette agressivité et cette atmosphère si particulières. Des morceaux comme "Uncertain Truth" ou "Transgression" m'ont notamment fait penser à Killing Joke...
Killing Joke occupe une place importante dans ma vie. Et oui, je te rejoins sur ce que je viens de dire ! "Commonsense Resolution" est un véritable hommage à Killing Joke. Et d'ailleurs, d'une manière ou d'une autre, toutes les chansons de l'album portent un peu l'empreinte de Jaz Coleman (chant, Killing Joke). C'est aussi une manière pour moi de rendre hommage à Geordie Walker (guitariste du groupe décédé en 2023, NDLR). Killing Joke continue donc de m'inspirer énormément. C'est probablement le groupe qui exerce encore aujourd'hui la plus grande influence sur moi.
Andy Sneap a également participé au travail sur cet album. Quel a été son apport et comment s'est déroulée votre collaboration ?
Son aide a été très importante. J'ai d'abord enregistré les éléments de base avec mon ingénieur, puis nous avons envoyé les pistes à Andy. Il a ensuite repris une grande partie du travail, retravaillé les enregistrements et apporté énormément de choses à la production. Je pense que le résultat est vraiment excellent.
Il a également beaucoup travaillé sur les voix. Leur traitement est assez différent de ce que nous avons pu faire sur les précédents albums de Prong. D'une manière générale, tout l'aspect technique et le travail d'ingénierie ont été abordés différemment.
Je n'avais tout simplement pas le temps de m'occuper de tous ces détails moi-même. Je pouvais enregistrer et arranger les morceaux, mais Andy a pris en charge une grande partie du travail ensuite.
Vous allez bientôt repartir en tournée européenne, notamment dans des salles plus intimistes. La dernière fois que je vous ai vus, c'était à l'Alcatraz ou au Wacken Open Air. Aujourd'hui, où préfères-tu jouer ? Devant un public de fidèles dans de petites salles ou devant plusieurs milliers de personnes dans un festival ?
C'est une question difficile. J'y réfléchis beaucoup, mais je n'ai pas vraiment de réponse à apporter. Les festivals comme Wacken sont des expériences particulières à part entoère. Tu es là, devant un public immense, et tu sais que tu es observé et jugé. Ce qui est normal. Il y a une certaine pression, même si nous avons aussi un public fidèle qui nous soutient. Bien sûr, lorsque tu joues dans une petite salle devant des fans de Prong, c'est particulièrement différent parce que les gens connaissent les chansons et réagissent directement à ce que tu proposes... Néanmoins, j'ai adoré notre dernier passage à l'Alcatraz Festival. Les gens sont là pour passer un bon moment et cela se ressent immédiatement. Tant que l'état d'esprit est le bon, ça me va.
PRONG
ORIGINE : New York, États-Unis
LINE-UP : Tommy Victor (chant, guitare), Christopher Dean (basse, chœurs), Tyler Bogliole (batterie).
FACEBOOK : https://www.facebook.com/prongmusic



