SOUTH OF HEAVEN (Part. 1)
- Axl Meu
- il y a 3 jours
- 5 min de lecture
Dès sa première édition en 2025, le South Of Heaven Open Air avait frappé fort. Organisé à Maastricht dans le cadre du Gashouder, ancienne zone industrielle reconvertie en vaste espace de loisirs verdoyant, il avait attiré de nombreux grands noms de la scène metal. Pour sa deuxième édition, le festival passe à trois jours. Pour des raisons professionnelles, nous ne pouvons malheureusement assister qu'au dernier concert de cette journée d'ouverture du vendredi 5 juin.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
Alestorm débarque dans une ambiance torride. La foule est dense pour accueillir les patrons du folk metal. Le décor met les canards à l'honneur et, dès "Keelhauled", la fête démarre. Le rythme effréné fait immédiatement mouche, le clavier de Christopher Bowes occupe une place de choix et l'on apprécie ce côté fun et festif. La célébration se poursuit avec "Killed To Death By Piracy", "The Sunk'n Norwegian" et "Zombies Ate My Pirate Ship". Les refrains fédérateurs donnent envie de lever son verre tandis que le chant éraillé de Christopher entraîne un public déjà conquis.
Alestorm joue en terrain conquis et le speech de Christopher enflamme la foule. Avec "Mexico", "Banana", "Hangover" ou "Nancy The Tavern Wench", le groupe aligne les hymnes festifs. La suite est tout aussi brûlante. "Alestorm", "Frozen Piss 2", avec Patty Gurdy en invitée au chant, "1741" ou encore "Shit Boat (No Fans)" représentent ce que le folk metal sait produire de plus jubilatoire. En rappel, "Drink", "Wooden Leg!" et "Fucked With An Anchor" achèvent les festivaliers dans une ambiance totalement délirante, les immenses lettres formant « FUCK » sur scène ajoutant une touche provocatrice parfaitement assumée. Alestorm signe une nouvelle fois un concert transformé en gigantesque fête.

La journée du samedi s'annonce particulièrement chargée et attire une affluence encore plus importante.
Elle débute avec les Néerlandais de Nephylim qui balancent un death mélodique de haute volée. "Travail Pt. II – Animus" puis "Amaranth" rappellent immédiatement At The Gates ou In Flames. Puissance et mélodie s'entremêlent idéalement, la voix imposante de Tijn impressionne et les soli sont taillés dans la plus pure tradition suédoise. La suite, avec "Fractured Existence" ou "Grand Denial", confirme toutes les qualités du groupe. Les passages plus calmes contrastent parfaitement avec les accélérations death. Nephylim livre une prestation digne des meilleurs représentants du genre.

Avec Severe Torture, le brutal death prend le pouvoir. Dès "The Death Of Everything", la tempête s'abat sur le festival. Le rythme est infernal et le growl démoniaque cloue littéralement le public sur place. Impossible de ne pas penser à Cannibal Corpse tant la brutalité est jubilatoire. Chaque morceau est un déferlement de violence maîtrisée porté par un chant d'une intensité impressionnante. Ce véritable rouleau compresseur ne laisse personne indemne. Severe Torture fait honneur à sa réputation et écrase tout sur son passage.

Hellripper est sans doute la sensation venue d'Écosse. L'entame sur "All Hail The Goat" est sauvage. James McBain impressionne avec son chant teinté de black metal tandis que les riffs s'enchaînent à une vitesse folle. "Hell's Rock'n'Roll", "Hunderprest" ou "The Hanging Tree" séduisent grâce à leur mélange de heavy old school, de black et de death. On pense autant à Motörhead qu'à Children Of Bodom. Le final sur "Bastard Of Hades" est jubilatoire. Hellripper frappe très fort et confirme qu'il est l'une des révélations metal du moment.

Avec Dismember, le festival accueille une véritable légende du death metal suédois. "Pieces" et "Soon To Be Dead" balancent un son d'une lourdeur écrasante. Le growl de Matti Karki prend aux tripes et chaque morceau ressemble à une déclaration de guerre. "Fleshless", "Skin Her Alive" ou "In Death's Sleep" illustrent parfaitement la puissance monolithique du groupe. La hargne dégagée est impressionnante et "Dreaming In Red" ainsi que "Life – Another Shape Of Sorrow" assènent une nouvelle claque old school. Dismember est venu distribuer les coups avec une méchanceté phénoménale. Il reste désormais un trio magique pour conclure cette journée.

Anthrax ouvre les hostilités. Une fois l'introduction passée, la tempête thrash se déchaîne avec "Among The Living", véritable uppercut. Joey Belladonna est en grande forme et son chant conserve toute sa puissance. "Got The Time" et "Madhouse" mettent immédiatement la fosse en ébullition. Véritable maître de cérémonie, Joey ne cesse de haranguer le public.
"Caught In A Mosh", "Metal Thrashing Mad" et "Keep It In The Family" sont tout aussi irrésistibles grâce à des riffs tranchants, des soli enflammés et des refrains imparables. La nouveauté "It's For Kids" convainc immédiatement avec son énorme refrain. Enfin, "Antisocial" et "Indians" concluent cette démonstration thrash en véritable célébration. Anthrax rappelle avec éclat pourquoi il demeure l'un des plus grands noms du genre.

Sepultura prend ensuite possession de la scène. Les Brésiliens vivent leur tournée d'adieu et l'envie de tout renverser saute immédiatement aux yeux. "Inner Self" est une immense claque. L'intensité dégagée est énorme, Derrick Green hurle avec hargne tandis que ses partenaires déroulent un jeu d'une redoutable efficacité. "All Souls Rising" et "Kairos" ne font pas de quartier et rappellent toute la qualité du répertoire récent du groupe. "Attitude" est un énorme moment, puissant et fédérateur, porté par sa célèbre partie tribale.
Green en impose par son charisme et son contact permanent avec le public. Issue du dernier EP, "The Place" constitue un très grand moment. Sepultura alterne avec brio passages thrash ultra virulents et instants plus mélodiques permettant à Derrick de dévoiler toute la richesse de son chant clair. Les percussions de "Kaiowas" résonnent magnifiquement avant que "Beyond The Dream" ne confirme la réussite des nouveaux morceaux grâce à sa montée en puissance parfaitement maîtrisée.
Le groupe enchaîne ensuite les classiques. "Territory", "Refuse/Resist" et "Arise" mettent une foule en fusion. Parfaitement interprétés, ils donnent le frisson en rappelant pourquoi ils comptent parmi les plus grands classiques du thrash. Le solo de batterie fait son effet avant une version raccourcie de "Ratamahatta", toujours aussi efficace grâce à ses percussions. Enfin, "Roots Bloody Roots" conclut le concert de manière idéale avec son refrain légendaire et sa puissance intacte. Entre passé glorieux et présent inspiré, Sepultura livre une superbe prestation qui laisse un léger goût de regret tant on aimerait voir cette aventure se poursuivre.
Le dernier acte est lui aussi légendaire. Megadeth poursuit sa tournée d'adieu avec une motivation intacte. L'ouverture sur "Tipping Point", issue du nouvel album, est particulièrement solide. Dave Mustaine se montre convaincant au chant et son duo avec Teemu Mäntysaari fonctionne déjà à merveille. "Hangar 18" déclenche une première immense ovation avant que "This Was My Life", "Skin O' My Teeth" et "Take No Prisoners" ne rappellent toute la puissance du répertoire thrash du groupe, sans oublier cette pointe de heavy qui fait sa personnalité.
Avec "Don't Care" et "Let There Be Shred", Megadeth présente deux excellents nouveaux morceaux. Mustaine conserve son timbre éraillé si caractéristique tandis que riffs et soli donnent littéralement le tournis. Au milieu de cette avalanche de thrash, "Sweating Bullets" et "Trust" offrent un parfait équilibre entre agressivité et mélodie. "She-Wolf" séduit toujours autant grâce à son refrain accrocheur tandis que "Poison Was The Cure" régale avec son rythme galopant et sa vélocité irrésistible.

Le final s'annonce grandiose et Megadeth ne relâche jamais la pression sur une foule totalement conquise. "Countdown To Extinction" et "Tornado Of Souls" confirment l'alchimie parfaite entre heavy et thrash. "Peace Sells" fait figure d'hymne absolu grâce à son refrain fédérateur. En rappel, "Symphony Of Destruction" et "Holy Wars... The Punishment Due" viennent conclure ce récital de la plus belle des manières. Dave Mustaine porte ces classiques avec conviction et son entente avec Teemu Mäntysaari est tout simplement remarquable. Les deux guitaristes affichent une complémentarité impressionnante.
Les dernières notes résonnent et annoncent la fin du concert. Megadeth prouve qu'il n'a rien d'un groupe sur le déclin et conclut de la plus belle des manières une journée exceptionnelle, portée par une succession de prestations de très haut niveau. Tout cela donne une seule envie : revenir au plus vite pour vivre la troisième journée, qui s'annonce tout aussi intense.



